Actualités du 23 mars 2020


  • Rencontre des Continents racontée par Good Food :



    Rencontre des Continents est un collectif organisé en asbl. L’association est composée de sept permanent.e.s et d’un grand nombre de personnes volontaires et impliquées dans son fonctionnement construit de façon horizontale.



    L’alimentation comme outil de changement, d’ancrage et d’action


    Rencontre des Continents est une association reconnue en éducation permanente. Créée il y a plus de dix ans, elle est au croisement de plusieurs courants éducatifs : éducation à la citoyenneté mondiale, à l’environnement, éducation populaire. Sa démarche éducative part de l’alimentation, afin d’aborder avec les participants leurs représentations, leurs préoccupations, leur rapport à la société et aussi développer une lecture critique et globale du système alimentaire actuel. L’alimentation est vue comme un réel outil permettant de se questionner et d’induire le changement. L’idée n’est pas de proposer un modèle ‘clé sur porte’ mais bien de construire une réflexion avec chaque groupe, de redonner du pouvoir d’agir. Les outils de formation et d’animation utilisés sont ainsi adaptés à chaque situation.


     


    Une vocation de formation


    Pour ce faire, Rencontre des Continents a développé une série d’activités parmi lesquelles des formations qui s’adressent à des professionnel.les, à des personnes en reconversion professionnelle ou en recherche de nouvelles pistes, à des acteur·trices relais mais aussi au grand public. L’association organise également des formations sur demande principalement pour des personnes moins sensibilisées, moins informées et issues de la diversité culturelle. Une diversité qui est toujours valorisée par les animateur·trices de Rencontre des Continents au travers des savoirs et richesses culinaires des participant.es. 


     


    Les ateliers de cuisine ou comment remettre du sens dans son assiette


    Ces ateliers permettent à chacun·e de prendre sa place, de retrouver du pouvoir d’agir et ce, de façon concrète. Ce sont également de précieux moments de convivialité, de rencontres, de tissages de liens. Cela met de la joie, de la couleur, des saveurs, voire même de la poésie dans le quotidien des participant·es qui peuvent, selon les situations, être des personnes assez isolées.


     


    Mise en réseau des acteurs de l’alimentation


    Rencontre des Continents a également pour vocation de créer des liens avec les acteur·trices bruxellois·es. L’association prend part à de multiples instances ou organisations telles que Réseau Idée, Réseau Transition, Mycellium, Resap, Rabad, Agroecoloy In Action, le conseil participatif Good Food... participe à de nombreux évènements à Bruxelles et en organise également.


    « La good Food a permis de rendre visible ce sujet qu’est l’alimentation durable. La Good Food a soutenu beaucoup d’initiatives citoyennes qui ont vu le jour. C’est une opportunité de changement politique, pour se questionner, agir et finalement, remettre du sens là où on en a perdu, dans un besoin de base qui est l’alimentation.  » Margot Thévenin, animatrice-formatrice chez Rencontre des Continents


     


     


     


    Nous retrouver sur Facebook  :



     


    Ou sur le site de Good Food en cliquant ici !


     

  • Confinements, distances de sécurité, angoisses, paralysies, renforcement des inégalités structurelles de nos sociétés, élans de solidarités… ce que peut un virus ! Si une situation prend sa consistance dans l’importance des défis qu’elle affronte, nous vivons une situation bien singulière.


     

    Elle nous donne un important moment d’expérience collective de la complexité, tant au niveau micro que macro. Nous entendons chaque jour des liens s’établir entre le COVID-19, les experts infectiologues, des pratiques sociales et commerciales, l’industrie automobile, de la peur, des animaux, des modèles mathématiques et de l’imprévisible, les inégalités sociales entre pays et en leur sein, des engagements de nos représentant.e.s politiques, des frontières et des avions, et dans tout ça... nos états d’âme… !
     
    Un virus minuscule apparu en Chine qui s’est propagé en quelques semaines sur la terre entière. S’il est primordial d’élucider certains aspects, les spéculations sur les origines exactes via tel ou tel animal sauvage nous empêchent de voir que notre vulnérabilité croissante face aux pandémies a une cause bien plus profonde, qu’est notamment la destruction accélérée des habitats. Ce virus ébranle nos économies et les conceptions de la mondialisation. Mais après, tout comme avant ? En plus fort, pour rattraper le retard ? Vite relancer la sacro-sainte croissance ? N’est-il pas encore temps de changer de lunettes, de faire les liens, de révéler les interdépendances et se situer, se positionner dans nos réalités de terrain ?
     
     
    Et si nous construisions des dispositifs d’apprentissage ? Que nous enseigne ce virus ? Si nous utilisions cette “crise” comme une opportunité de changements, non plus à la marge, mais réels et profonds dans tous les domaines ? Comment apprendre avec elle que d’autres mondes et récits que ceux qui nous sont majoritairement proposés aujourd’hui sont possibles, voire qu’ils existent déjà, même si encore marginaux ? Comment nous oblige-t-elle à définir ce qui nous importe ? Quels imaginaires réenchanteurs déployer en ses temps de confinement ? Comment, grâce à cette contrainte, prendre la mesure des changements possibles pour nos sociétés, celle des autres peuples et de l’ensemble du vivant ? Que va vouloir dire par exemple vivre dans l’incertitude en fonction de nos modes de vie, de nos zones de vie géographique, au niveau local et planétaire ? Nous avons bien entendu que des entreprises réfractaires au télétravail (“impossible à mettre en place” disait la direction) ont finalement installé ce dispositif en à peine 2 jours !
     
     
    Et si nous partagions nos histoires de questionnements, de solidarités et d’entraides (personnes vulnérables, femmes, précaires, métiers du "care", sans abris, réfugié.e.s,...), de gratitudes pour toutes celles et ceux qui nous protègent (dont toutes les personnes exerçant des fonctions essentielles pour la gestion de la “crise” et qui ne peuvent pas rester chez elle) ? De redéfinition de ce qui nous importe, de simplicité vécue, les unes avec les autres ? Si nous partagions nos réflexions quant aux possibilités de transitions ouvertes vers une société plus solidaire, plus sobre, plus douce, plus respectueuse du vivant ? Si le moment était particulièrement propice à la distinction entre maximum et optimum ? Toujours plus (de voyages, de confort, de biens matériels) ? Ou plutôt toujours mieux, dans un équilibre à réinventer ? Et si nous réfléchissions aux possibles que cette situation nous enseigne maintenant pour des réponses à d’autres défis, finalement bien plus immenses ?
     
     
    Et si cette “crise” nous montrait combien nos questionnements et actions éducatives sont légitimes et sans cesse en quête de liens ? Ne baissons pas les bras, serrons-nous les coudes et profitons de ce moment pour rassembler nos énergies pour la construction d’autres projets de société qui font sens et ont leur place ici et maintenant.
     
     
    Trop tôt sans doute pour de grandes leçons, mais commençons à les répertorier, chacune et ensemble. Nous vous invitons à partager vos apprentissages, récits, ressources au sein de notre collectif. Merci de nous transmettre vos témoignages, questions, rêves, propositions,... !
     
     
    Toute notre équipe s’est organisée pour s’adapter au mieux à cette situation exceptionnelle. Nous sommes tou.tes en télétravail, à votre écoute et disponibles par mail. N’hésitez pas à écrire directement à la personne de notre équipe que vous souhaitez joindre (toutes les adresses mail individuelles sont ici).
     
     
    Tous les événements et formations prévus d’ici le 15 avril ont été annulés ou reportés. Les événements prévus ultérieurement sont en cours d’évaluation et nous vous tiendrons informés dès que possible. Plus d’infos lors de la prochaine newsletter d’avril.
     
     
    Nous vous transmettons ici la tribune "Après la pandémie" du dernier numéro d’Imagine, sur le sujet, co-signée par RdC et d’autres acteurs de nos mouvements sociaux. Et vous retrouverez ici quelques articles sur la situation actuelle qui font résonance avec les réflexions de notre collectif et nos mouvements. N’hésitez pas à faire de ce document, qui est en construction, une source d’information la plus riche et stimulante possible. 
     
     
     
    Prenez soin de vous et du vivant qui vous entoure, qu’il soit tout proche ou éloigné...
     
     
     
     
     
    Le collectif RdC
    (que vous retrouvez ici


     


  • Rencontre des Continents participe à 3 activités à Liège !


    Le 20 mars : Assemblée Populaire " Comment changer aujourd’hui pour manger demain ?".

    https://nourrirliege.be/evenement/comment-changer-aujourdhui-pour-manger-demain/


    Avec la participation des Petits Producteurs, Agroecology in Action,
    le CNCD 11.11.11, Extinction Rebellion, Greenpeace, le Mouvement
    d’Action Paysanne et Rencontre des Continents.


    Quelles approches, quels changements pour générer résilience et souveraineté alimentaire ? On en discute en assemblée populaire !


    Quand il est question de viser la résilience et la souveraineté alimentaire, quelle approche adopter ? Comment et à quel niveau générer les changements nécessaires pour atteindre ces objectifs ?


    Viens t’informer, échanger et enrichir la discussion en prenant part à l’assemblée populaire qui se tiendra sur le sujet.


    Plusieurs mouvements et associations se mêleront à nous pour partager leur vision et discuter du futur de notre alimentation.


    ==> Inscris-toi ici : https://tinyurl.com/nourrirliegecommentchanger


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    Le 24 mars : Journée découverte de l’outil "Potentia" - Favoriser l’émergence et le renforcement d’initiatives citoyennes dans l’agroécologie.



    Plus de détails : http://rencontredescontinents.be/Journees-Decouverte-de-l-outil-Potentia.html


    Et ici : https://nourrirliege.be/evenement/potentia-la-puissance-de-lagir-collectif/


     



    Le 28 mars : Forum "Construire la démocratie alimentaire du local au régional"


    https://www.facebook.com/events/187146285966827/


    https://nourrirliege.be/evenement/forum-nourrir-liege-2020/



     


    Inscriptions via : https://forms.gle/gp54wrcM6wAvXkHH8


    La Ceinture aliment-terre liégeoise, Manger Demain et le Réseau Aliment-Terre de l’arrondissement de Verviers, en partenariat avec AIA et le RAWAD, vous invitent au Forum Nourrir Liège 2020.


    Comment prendre appui sur le développement des filières alimentaires courtes pour mettre en œuvre des politiques alimentaires au service des territoires, des producteur.trices, des consommateur.trices et des collectivités, en associant les parties prenantes à la conception de ces politiques publiques ?


    Le soutien de la Wallonie à la création de Conseils de Politiques Alimentaires (CPA) correspond à cet objectif. Profitons de cette opportunité et des dynamiques existantes pour construire de manière pérenne la démocratie alimentaire du niveau local au niveau régional.


    Possibilité de se restaurer de 12h à 13h30 (sur réservation via le formulaire) en collaboration avec la coopérative De la Terre à l’Assiette.


  • Aujourd’hui, nous n’entendons parler partout que d’une chose. Mais avant la crise sanitaire, un autre virus était en pleine expansion et cette contagion-là était plutôt de bonne augure ! Cette épidémie positive, on l’attendait depuis longtemps. Elle soigne un des fléaux les plus désolants de notre époque : le gaspillage.



    Quelques chiffres tirés du rapport de la FAO donnent une bonne idée de l’ampleur de la catastrophe (http://www.fao.org/news/story/fr/item/196443/icode/) :
    - Le volume mondial de gaspillages et pertes alimentaires est estimé à 1,6 milliard de tonnes d’équivalents produits de base. Les gaspillages totaux pour la partie comestible s’élèvent à 1,3 milliard de tonnes.
    - De même, 1,4 milliard d’hectares de terres - soit 28 pour cent des superficies agricoles du monde - servent annuellement à produire de la nourriture perdue ou gaspillée.
    - Les conséquences économiques directes du gaspillage alimentaire (à l’exclusion du poisson et des fruits de mer) sont de l’ordre de 750 milliards de dollars par an.
    - …


    Un problème de grande ampleur donc ! Et cette contagion de bonne augure, cette épidémie positive, il s’agit bien du virus de la récup !


    Il y a peu de temps encore, le fait de récupérer des aliments qui étaient destinés à la poubelle (avec ou sans raison) était difficilement concevable par la plupart des gens. Le déchétarisme, glanage alimentaire ou trésordure était réservé aux SDF ou à quelques illuminé.es en marge mais certainement pas à des gens « normaux ».


    Petit à petit, les consciences se sont réveillées face à cette aberration et, si nous sommes très loin d’avoir réglé le problème, on peut néanmoins noter un changement dans les mentalités. Aujourd’hui, récupérer des invendus n’est plus quelque chose d’« anormal », c’est même plutôt bien vu. Le nombre de projets a donc explosé et, dans chaque commune, des groupes sont à l’œuvre et on entreprit une croisade contre le gaspillage.


    Il y a de cela presque trois ans, Rencontre des Continents a démarré un cycle de réflexion sur l’alimentation par le biais d’ateliers cuisine au CPAS d’Ixelles. Le projet, on vous en a déjà parlé, a tellement bien fonctionné qu’après trois mois, nous avons doublé la fréquence de ces ateliers. Les participant.e.s ont, pour la plupart, été très réguliers/régulières et ont fait preuve d’un aussi grand intérêt pour les réflexions autour de l’alimentation que pour la découverte d’autres techniques de cuisine.


    Une petite dizaine de personnes ont été extrêmement régulières durant ces ateliers. Il y a un an et demi, nous avons tout doucement évoqué le fait que le groupe pourrait « passer à la vitesse supérieure », qu’il pourrait passer de consommateur d’activité à générateur d’activités… L’idée a mûri et, il y a un an, le noyau dur des ateliers cuisine a décidé de se lancer et de monter un projet : le projet ReAl pour Récuparation Alimentaire (lisez « real » comme réalité en anglais plutôt que comme Real de Madrid !)


    Le nom est intéressant car il met en avant le fait que la récupération d’invendus fait effectivement partie de notre réalité. Ce n’est plus quelque chose qui ne touche que les personnes marginalisées et les laissé.es pour compte, mais c’est bien devenu une question que nous devons toutes et tous prendre en main pour cheminer vers une société cohérente.


    Le projet ReAl vise à récupérer des denrées invendues dans les petits commerces d’Ixelles en privilégiant les structures qui favorisent les produits locaux et biologiques. Le groupe est composé de personnes qui sont allocataires sociaux ou sont à la retraite. Les aliments récupérés seront donc redistribués directement dans le groupe pour être consommés.


    Par un heureux hasard de circonstances, le groupe a croisé le chemin d’Amélia Ribeiro qui travaille pour le collectif IPE et qui nous a encouragé à rentrer un projet Good Food, « Inspirons le quartier » pour demander du soutien.


    En septembre 2019, nous avons eu notre première réunion avec Amélia et durant deux mois, nous avons travaillé à la constitution d’un dossier de demande de subvention qui a été rendu fin 2019.


    Début de l’année, nous avons eu une bonne nouvelle puisque notre projet est accepté. Le groupe s’est vu octroyer un budget de 2300 euros pour investir dans du matériel de récupération, de communication et, surtout, de l’accompagnement de projet pour faire en sorte que cette aventure de l’anti-gaspi puisse être longue et pérenne.


    Bonne chance donc et, si nous devons nous protéger d’une contagion pour l’instant, apprêtons-nous, lorsque cette période de confinement sera un souvenir, à encourager le virus de la récup !


    par Cédric Hellemans, animateur à Rencontre des Continents

mars 2020 :

février 2020 | avril 2020

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