Actualités du 25 juillet 2020


  • Deux cycles - deux formules ! 


    Le cycle « Orme » est un cycle d’initiation à la cuisine écologique et politique il qui se déroule sur 5 soirées de octobre à décembre 2020 


    Le Cycle « Laurier » est un cycle d’approfondissement qui se déroule sur 8 journées de octobre 2020 à juin 2021, qui s’adresse à ceux et celles qui aimeraient aller plus loin dans leur réflexion et leurs pratiques de la cuisine écologique et politique au quotidien. 


    Pour l’instant le nombre d’inscrit.e.s est limité à 10 mais nous espérons pouvoir augmenter en fonction des mesures qui seront communiquées par le conseil national de sécurité.


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    Cycle "Orme" : initiation à la cuisine écologique et politique


    Faire évoluer son regard sur l’alimentation, adopter de nouveaux réflexes culinaires et développer sa créativité et sa technique, tels sont les objectifs du Cycle Orme : initiation en cuisine écologique et politique, proposé par Rencontre des Continents et ses volonterres. 


    Il allie réflexion et pratique pour mieux comprendre son assiette, l’organiser de manière écologique, et expérimenter concrètement et collectivement tout cela dans une ambiance conviviale !


    Le prochain cycle se déroulera sur 5 Mardis soir de Octobre à Décembre.


     


    Les dates  :


    Mardi 6 Octobre


    Mardi 20 Octobre


    Mardi 10 Novembre


    Mardi 24 Novembre


    Mardi 8 Décembre


     


    de 18h15 à 22h15


     


    Infos et inscriptions :


    http://rencontredescontinents.be/Cycle-Orme-Initiation-a-la-cuisine-ecologique-et-politique.html


     


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    Cycle « Laurier » : cycle d’approfondissement en cuisine écologique et politique


     


    Nous prendrons le temps d’aborder d’autres thèmes que lors du cycle d’initiation, afin d’approfondir les questions liées à l’alimentation et ses interactions avec le monde. Nous mettrons en pratique d’autres techniques culinaires par la réalisation collective d’un repas lors de chaque séance.


     


    L’objectif de cette formation est donc d’approfondir notre réflexion ainsi que des pistes pratiques pour pouvoir se nourrir au quotidien en respectant à la fois à notre santé, notre environnement et notre convivialité


     


    Le prochain cycle se déroulera sur 9 dimanches de octobre à juin (une table d’hôte étant prévue le dernier dimanche).


     


    Les dates :

    25 Octobre
    22 Novembre
    13 Décembre
    10 Janvier
    7 Février
    21 Mars
    25 Avril
    23 Mai
    20 Juin


     


    de 14h30 à 20h30


     


    Infos et inscriptions :


    http://rencontredescontinents.be/Cycle-Laurier-Approfondissement-en-cuisine-ecologique-et-politique.html


  • CabasCoopérative Alimentaire Belge des Artisan.e.s Solidaires, réunit celles et ceux qui souhaitent coopérer et mutualiser des services, des moyens, et des savoirs pour mieux répondre à la demande d’une alimentation bio, locale et éthique. Le lancement des activités est prévu pour le mois de septembre.


    Soutenez-les dès maintenant en devenant coopérateur.trice ! 


     


    Pour en savoir plus sur le projet et la prise de parts, consultez leur site web et suivez leur parcours sur facebook



    Vous êtes un.e citoyen.ne, une association, un groupement citoyen, un magasin coopératif, une entreprise, et vous souhaitez soutenir une alimentation locale et durable, rejoignez-nous dès maintenant !


    Cabas rassemble des artisan.e.s au sein d’une même coopérative
     
    CABASCoopérative Alimentaire Belge des Artisan.e.s Solidaires, réunit celles et ceux qui souhaitent coopérer et mutualiser leurs moyens, services et savoirs. Ces artisan.e.s du changement vers un autre modèle alimentaire proposent une alternative locale, bio, saine et durable pour les personnes et l’environnement. Pour cela, ils ont besoin d’être soutenu.e.s et de se structurer pour répondre à la demande.
     

    Pourquoi soutenir la coopérative maintenant ?
     
    Actuellement, la coopérative est en phase de lancement. Les artisans se regroupent et posent les bases du projet. Les moyens dont la coopérative disposera dans les prochains mois détermineront l’ambition du projet. Nos besoins financiers s’élèvent à 50.000 euros pour le lancement des activités. En prenant part à la coopérative à cette étape du processus en tant que sympathisant, vous permettez au projet de prendre son envol.
     

    A quoi vont servir les fonds récoltés ?
     
    Une part à la fois, chaque personne qui nous rejoint nous rapproche d’une coopérative solidaire et durable. Aujourd’hui, votre participation permet :

    • La mise en place d’un hub logistique
    • L’achat du matériel nécessaire au démarrage des activités
    • Le développement du logiciel de gestion des activités commerciales
    • Le développement des outils de communication
     
    Comment prendre part ?


    Vous pouvez prendre une ou plusieurs parts sympathisant (part D).


    La valeur d’acquisition d’une part est fixée à 50 euros pour que tout le monde puisse contribuer. Nous invitons celles et ceux qui le peuvent à prendre plusieurs parts. Vous pouvez bénéficier de 45% d’impôt via le tax shelter.
     
    CABAS bénéficie du label Fairfin qui garantit un investissement éthique et solidaire.
     
    Pour prendre part, cliquez sur le bouton ci-dessous, sélectionnez si vous êtes un particulier ou une entreprise pour pouvoir vous enregistrer, prendre des parts et les gérer en toute sécurité.

    Prendre part

    Vous voulez en savoir plus ?


    Nous organisons des séances d’information. Inscrivez-vous, on se réjouit de vous rencontrer !


    Allez faire un tour sur notre site web et likez notre page facebook.


    N’hésitez pas à transférer ce message (proches, familles, ami·es, collègues…). C’est un petit coup de pouce qui peut faire une grande différence. Merci !


    Egle et Mathilde pour 


     


  • Le Pedalo, c’est le dernier-né des supermarchés coopératifs bruxellois, participatif et à but non lucratif, créé par des citoyen.ne.s pour des citoyen.ne.s pour la zone Gare Etterbeek/Cimetière d’Ixelles.


     



    Le projet est cours de création, rejoignez-le pour montrer son intérêt à éclore. Plus d’infos ? Envie d’être tenu.e informé.e ? Envie de vous impliquer (financièrement, activement, …) ? Participez aux prochaines séances d’infos les :


    Mercredi 1er juillet
    Jeudi 9 juillet
    Mercredi 15 juillet
    Jeudi 23 juillet
    Mercredi 29 juillet


     


    Toutes les infos par ici :
     http://www.lepedalo.be/seances-dinformations/


  •  
    Ce mois-ci, nous sommes allés à la rencontre de Ahmed Ouamara, directeur de l’AMO Alhambra et actif depuis plus de 20 ans sur le quartier de Cureghem, pour mettre en perspective la situation dans les quartiers dits « populaires » et prendre du recul suite aux violents événements qui ont eu lieu.
     




    L’asbl Alhambra est une institution qui a plus de 20 ans et qui a vu le jour suite aux émeutes de 1997. C’était, au départ, une maison de quartier qui a eu, part la suite, l’opportunité d’être reconnue en tant qu’AMO (service d’Action en Milieu Ouvert) et travaille aujourd’hui avec des jeunes de 0 à 22 ans, et donc, des familles.



    Ahmed est né et a grandi dans le quartier populaire. Il a ensuite voulu partir à la découverte d’autres réalités grâce, entre autre, à des échanges internationaux. Après avoir acquis de l’expérience de travail à Ixelles (tout en ayant assuré la présidence de l’association), il a décidé de revenir à ses racines pour renouer avec le terrain qui l’a vu grandir en devenant directeur de l’AMO.
     
    C.H. (Cédric Hellemans, animateur chez Rencontre des Continents) : En quoi consiste votre travail, en quelques mots ?
     
    A.O. : Le travail d’AMO, c’est surtout un travail de prévention. il faut savoir que dans l’aide à la jeunesse, la plupart des services sont mandatés. Nous, nous sommes "non-mandatés", donc on travaille à la demande du jeune et des familles. C’est donc un travail en amont autour de différentes thématiques, ça peut être des problématiques telles que les difficultés scolaires, le décrochage, les violences familiales... Des questions de la vie de tous les jours, des soucis que les familles et les jeunes peuvent rencontrer, ici, dans le quartier de Cureghem. C’est vraiment un travail de première ligne, avant que les problèmes n’apparaissent. A mon niveau, après avoir acquis de l’expérience autre part, notamment à Ixelles, j’ai eu envie de revenir travailler ici.
     
    C.H. : Pourquoi ?
     
    A.O. : Ben, parce que je me sens redevable. il y a cette envie de revenir là ou tout à commencé. C’est ici que j’ai été formé, que j’ai pris conscience des réalités. Puis je me suis dit : « C’est la moindre des choses, de revenir et d’apporter une partie de mon expérience ». Et ce qui est intéressant, quand tu as travaillé en dehors de ton quartier, de là où tu es né,c’est que tu peux avoir une forme de recul, t’intéresser à des choses qui ne vont pas nécessairement susciter ton intérêt quand tu grandis ici. Par exemple, l’agro-écologie, l’apiculture, le bien être alimentaire et tout ça. Ce sont des choses qui m’ont intéressé parce que j’ai été voir ailleurs, j’ai fait des échanges internationaux, etc. Donc, j’ai acquis tout ça à l’extérieur. Parce qu’ici, il faut être réaliste, on était enfermé dans un espèce de carcan.
     
    C.H. : Vous avez co-écrit un article dans Le Monde Diplomatique « Avec les jeunes de Bruxelles enfermés dans leur quartier » en 2008. un article du Vif, en 2015, revient dessus, après qu’il ait tourné sur les réseaux sociaux, en disant qu’il est encore vraiment d’actualité. Aujourd’hui même, lorsqu’on le lit, on se dit qu’il aurait pu être écrit hier. Rien ne change à Cureghem ?
     
    A.O. : Cet article date. Depuis, nous avons fait un travail avec une approche plus scientifique sur le sujet avec l’ULB, avec Andrea Réa. Les jeunes des quartiers comme Woluwe ou Uccle ont parfois des activités à l’autre bout de la ville, ils ont un cours de musique à Schaerbeek, sortent à Bruxelles-ville et font du shopping à Ixelles et du sport à Auderghem. Les jeunes d’ici sortent effectivement moins de leur quartier. C’est paradoxal parce que beaucoup d’entre eux ont voyagé à l’autre bout du monde, en Thaïlande, en Indonésie… Par contre, « Watermael-Boisfort », ils ne connaissent pas du tout. Il vont voir ce qui se passe loin mais ce qui est plus proche, en Belgique, ils ne connaissent que très peu. La mobilité est un enjeu important. 
     
    C.H. : Au niveau des activités proposées, avec Rencontre des Continents, il y a quelques années, quand on disait qu’on voulait faire des cycles d’ateliers de cuisine avec une dimension écologique et politique dans des quartiers dits « précarisés », on essayait de nous dire que ça ne marcherait pas, qu’ils ne fallait pas les « embêter » avec la dimension politique, qu’il fallait faire des ateliers « one shot » et juste laisser des recettes aux gens...
     
    A.O. : Oui, il y a ici, tout un travail éducatif qui a été mis en place à partir de logiques très occupationnelles. Par exemple si on parle du contenu de l’assiette, les gens sont tellement dans ces logiques ici, qu’on va dire "non, ça ne va pas intéresser les habitants". Parce que, eux, sont convaincus par ça et parce que, eux, ça ne les intéresse pas. Et c’est vrai que si tu n’as pas une certaine forme de recul, tu peux y croire. Mais, non, ça peut intéresser. Tout dépend de la manière dont c’est amené. Il ne faut pas nécessairement travailler qu’à la demande mais il faut se demander comment on va amener le projet, comment on va inciter les gens à s’y intéresser.


    C.H. : Et avoir cette logique là, vouloir faire de l’« occupationnel », vouloir nous dissuader d’aborder ces thématiques-là dans les quartiers plus « populaires », est-ce que ça n’a pas comme conséquence de cloisonner les quartiers ?


    A.O. : Oui, c’est une manière de cloisonner pourtant ça a du sens pour les gens. Moi, je parle de ces thématiques, l’agro-écologie, le bio, la mondialisation… Quand tu regardes, je prends l’exemple de mon père. Mon père est paysan, c’est un fermier à la base. Au pays, il travaillait des terres agricoles, il avait des orangeraies, etc. Il travaillait la terre de ses mains, tu vois... Ma mère, lorsque je parle avec elle, elle me dit qu’elle faisait du levain quand elle était petite. Pour faire le pain, il n’y avait pas de levure chimique. Maintenant, elle me dit qu’elle aimerait réapprendre cette technique. En fait, beaucoup de nos parents sont intéressés par ça parce qu’ils l’ont vécu, eux-même.


    Nous avons un projet au Peterbos autour de l’apiculture et de l’agro-écologie. Et on a discuté avec les habitants, ce sont des gens qui nous disent qu’ils faisaient ça au pays, que ça les intéresse, qu’il aimeraient bien planter et produire les aliments et ainsi de suite.


    Je pense que ça intéresse les habitants. J’ai fait des projets avec les jeunes sur le bio, ça fonctionne. Le problème, et j’ai un avis critique assez tranché sur les travailleurs sociaux, c’est que je pense que ça n’intéresse pas les travailleurs sociaux. Ils ne sont pas très formés et ils disent que ça n’intéresse pas le public mais fondamentalement, ce sont eux qui ne sont pas emballés par ça. S’ils se motivent pour cela dans leur quotidien, ils auront envie de le partager avec d’autres, ils deviendront porteurs de l’initiative.


    Tout dépend de la manière d’amener les choses. Il ne faut pas culpabiliser les gens, leur dire que s’ils ne font pas attention, on va vers l’extinction des êtres humains… Il ne faut pas leur faire porter tout ça, surtout avec des citoyens qui ont déjà des difficultés. Je pense qu’on peu ramener la chose en la liant à leur bien-être alimentaire, et partant de choses positives…


    Ici, on a eu un projet avec des jeunes pour mettre en place une coopérative bio pour fournir des paniers bio aux citoyens et ça a fonctionné… On fait les « Midis de l’Alhambra » pour accueillir des jeunes et leur proposer un repas équilibré, une soupe… Tout cela, on doit le travailler avec les nouvelles générations.


    C.H. : Dans des quartiers comme Ixelles, on a l’impression que les projets qui vont dans ce sens fleurissent, que les magasins bio poussent comme des champignons, que des sujets comme l’agro-écologie sont abordés avec les jeunes, que les alternatives sont encouragées… et à Cureghem ça semble moins le cas. Pourquoi ?


    A.O. : A Ixelles, il y a une population plus aisée, des expatriés, des gens qui ont les moyens… A Cureghem, il y a une certaine réalité socio-économique et historique qui fait que ça ne semble pas être une priorité pour le politique. Mais c’est faux. Quand tu regardes les baromètres de la santé, par exemple, dans le quartier, le taux de mortalité est plus élevé, on va plus être atteints de maladies cardiovasculaires, de diabète, de problèmes de cholestérol… Ce sont des maladies qui sont liées à l’alimentation.


    C.H. : Il y a donc un intérêt…


    A.O. : Oui, clairement, il y a un intérêt mais je pense qu’au niveau politique, ce n’est pas « électoralement » intéressant. C’est un risque de ramener ces sujets-là au niveau politique dans nos quartiers. Mais on peut le ramener autrement, on pourrait parler des cantines des écoles. Si le politique propose des projets pour améliorer l’offre des cantines, ça va parler aux familles.


    C.H. : C’est le cas sur Schaerbeek où les cantines des écoles primaires et des crèches sont passé en bio…


    A.O. : Oui mais là, comme à Ixelles, Écolo est fort représenté. Et attention, l’écologie ne devrait pas être portée seulement par Écolo, c’est un enjeu qui devrait être porté par tous les partis politiques. Et les associations doivent être derrière.


    C’est comme les problèmes scolaires, ce sont des problèmes systémiques. Ça fait 15 ans que l’on lutte contre le décrochage scolaire, si on agit que sur l’école, ça ne suffira pas. Car il y a d’autres difficultés, d’autres réalités. On sait que les problèmes liés à l’alimentation, pour des gamins, c’est super important mais on ne peut pas agir que sur les conséquences. Il faut aussi agir sur les causes, mettre les choses en lien… Pour ce qui est lié à l’écologie, la mondialisation, c’est la même chose. « Il faut penser globalement pour agir localement » comme on dit.


    C.H. : En ce qui concerne la mondialisation justement, est-ce que les habitants de quartiers comme Cureghem sont aussi bien « protégés » contre les conséquences de la globalisation que les autres ?


    A.O. : Il faut informer. Nous sommes concernés par la mondialisation : Amazon qui livre n’importe quoi chez vous, Ryan Air et ses billets à 10 euros… Les gens d’ici ne savent pas ce qu’il y a derrière et donc ils voient d’abord l’opportunité économique. Nous sommes à la fois les victimes et les bourreaux dans ce système. Aller voir la famille au bled pour ce prix-là, c’est super. Mais on ne voit pas ce qu’il y a derrière, l’exploitation des travailleurs…


    La question, c’est d’être conscients des réalités mondiales. Il faut encourager une certaine forme de « sacrifice », savoir s’impliquer même si on ne bénéficie pas directement du fruit de notre investissement. Et nous avons un rôle important à jouer, nous sommes des structures d’éducation. Notre rôle, c’est d’éduquer, d’aider à porter un autre regard. Et c’est crucial, la solidarité dans les quartiers, il y en a beaucoup, avec les voisins, etc. Mais la solidarité, elle doit être mondiale, ils faut que les gens se rendent compte qu’à Abidjan, il y a quelqu’un qui est dans les mêmes conditions qu’eux, peut-être dans un autre contexte mais ils souffrent du même problème. Et là, la classe politique ne fait pas assez. On cloisonne, on est dans des logiques d’assistanat et tout cela contribue à une forme de domination.


     


    C.H. : Merci Ahmed Ouamara.


  • Ce confinement et les nombreux événements ici en Belgique et partout dans le reste du monde, exacerbe les inégalités criantes et systémiques et révèle selon nous l’urgence de se positionner face à ce qui nous arrive. En ce sens, nous pensons important de vous relayer comme pépite pour ce mois-ci la réfléxion étoffé de Julien Didier du réseau Mycelium. Comme le dit Djamila Ribeiro, féministe noire, chercheuse en philosophie politique et activiste : "Le silence rend l’individu éthiquement et politiquement responsable de la perpétuation du racisme. Le changement dans la société ne se fera pas uniquement avec des dénonciations, ou la répudiation morale du racisme : il dépend avant tout, de postures à prendre et de l’adoption de pratiques antiracistes." 


    Crédit photo (ci-dessus) :Thomas Baudouin - Wide Open.


    Source de l’article, site de Mycelium : ici



    "Face à l’indignation généralisée causée par la mort de
    George Floyd et aux mobilisations importantes ayant lieu aux États-Unis
    et dans le monde, nous voulons questionner le silence de beaucoup de
    mouvements écologistes au sujet des questions de racisme et de violences
    policières. Plus qu’un soutien timide, il est nécessaire selon nous que
    les mouvements écologistes apprennent à se positionner sur ces
    questions et à prendre part activement à la lutte contre le racisme,
    mais sans y voler la place des personnes concernées. Voici pourquoi.


    Vous avez difficilement pu rater l’information : le 25 mai dernier,
    George Floyd était assassiné à Minneapolis par un policier le maintenant
    à terre jusqu’à l’étouffer et le tuer. Ce crime n’est malheureusement
    qu’un seul cas parmi un longue liste de personnes noires tuées aux
    États-Unis par la police, après Breonna Taylor, Tony McDade, Ahmaud Arbery et bien d’autres avant elles et eux.


    Mais celui-ci a été le déclencheur d’une vague d’indignation et de protestation très forte aux États-Unis,
    d’énormes manifestations et mouvements de révolte ont lieu dans plus de
    300 villes américaines dans les 50 états. Au nom du slogan et du
    mouvement Black Lives Matter, ces millions de personnes demandent que
    justice soit faite et que cessent les crimes répétés et impunis contre
    des personnes noires,
    qui font face à un risque d’homicide par la police beaucoup plus élevé que le reste de la population.


    Alors que de très nombreux mouvements sociaux à travers le monde ont montré leur soutien au mouvement Black Lives Matter, on
    peut observer un silence assez important dans les mouvements
    écologistes, peu habitués à parler de violences policières ou de racisme
    systémique
    . Pourtant, nous pensons que rester silencieux.se.s
    face à ces questions n’est plus une option, y compris lorsque notre
    engagement social se concentre sur les questions écologiques et
    peut-être surtout pour cette raison.

    Derrière un soutien de façade, la difficulté à réellement prendre position


    Beaucoup de militant.e.s écologistes se considèrent
    « progressistes », se proclament en soutien d’une plus grande égalité et
    contraires aux idéologies racistes et suprémacistes. De même, les
    mouvements écologistes ne sont en général pas considérés a priori comme
    étant hostiles à la lutte contre le racisme, hormis des franges conservatrices ou réactionnaires dont il ne faut pas nier l’existence et la capacité de nuisance.


    Pourtant, il est encore souvent compliqué d’obtenir des
    prises de position claires au sein de beaucoup de mouvements et
    d’organisations écologistes ou environnementalistes
    et les
    personnes qui tentent de faire bouger les lignes font souvent face à des
    arguments tels que « ce n’est pas notre priorité principale », « ça
    risque de diviser nos membres », « l’écologie doit être un combat pour
    tout le monde », « c’est évident qu’on n’est pas racistes » ou encore
    « oui c’est important, mais la réelle urgence c’est le changement
    climatique ».


    Le débat en restera souvent là, surtout quand la question n’est
    soulevée qu’à l’occasion d’événements faisant la une de l’actualité,
    tels que la mort de Georges Floyd ou des insultes lors d’un festival de
    musique, puisque, depuis la perception des personnes qui n’en font pas
    l’expérience, en-dehors de ces événements épisodiques, le racisme
    n’existe pas au jour le jour.


    Selon nous, plus qu’un problème de priorité dans l’agenda, il apparait à travers ces attitudes que nos
    mouvements sont en fait au mieux ignorants ou au pire mal à l’aise avec
    la question du racisme, quand il ne contribuent pas eux-même à
    invisibiliser la lutte antiraciste
    comme lors de l’action
    « Occupy for Climate » organisée en dernière minute le même jour que la
    manifestation nationale contre le racisme, en mars 2019. On peut aussi y
    déceler la peur d’offusquer une partie de nos bases militantes, qui se
    pense sans doute ouverte d’esprit mais qui sera vexée lorsqu’on aborde le privilège lié au fait d’être blanc.he
    ou aura des difficultés à concevoir l’importance de combats
    antiracistes actuels, tels que la dénonciation du racisme derrières des
    figures folkloriques et carnavalesques, le démontage de statues
    glorifiant l’histoire coloniale de la Belgique ou la lutte contre les
    violences policières auxquelles sont confrontées les personnes racisées
    (c’est-à-dire qui sont victimes de racisme).

    L’écologie sans l’antiracisme, un non-sens


    En choisissant de ne pas parler de cette question, nous nous tirons pourtant une balle dans nos pieds écologistes, car nous
    ne comprenons pas à quel points les causes écologistes, décoloniales et
    antiracistes sont liées à leurs racines, pour trois raisons au moins
    .


    Premièrement, quand nous critiquons les modèles de développement
    capitalistes et fondés sur la croissance comme étant les principaux
    responsables des crises écologiques, nous oublions trop souvent que le capitalisme n’a pu mener une telles entreprise de destruction qu’en étant étroitement lié à la colonisation et l’exploitation de peuples et des territoires hors de l’Europe. Malcolm Ferdinand rappelle ainsi dans son essai « une écologie décoloniale »
    à quel point il est important de comprendre que les racines de la
    destruction écologique se trouvent dans le développement d’un « habiter
    colonial » de la terre, qui réduit la terre, les femmes et les
    populations non-blanches à l’état d’objets pour se permettre de les
    exploiter. La colonisation a engendré la déforestation des forêts
    tropicales, l’exploitation de millions d’êtres humains, le développement
    de monocultures intensives et a posé les bases actuelles de la
    mondialisation. Pour justifier cette entreprise de domination, il
    fallait aussi un argument civilisationnel, et c’est à ce moment que le racisme moderne a été construit comme un système de valeur permettant de justifier la domination et l’exploitation des populations réduites en escalavage. 


    Deuxièmement, par son ambition universaliste, l’écologie (et encore
    plus les mouvements de luttes climatiques) se veut une cause qui
    concerne l’entièreté de la population, puisque nous serions « tous dans
    le même bateau » face aux catastrophes écologiques et climatiques.
    Cette lecture de la situation se veut certes altruiste, mais elle
    occulte le fait que les catastrophes écologiques frappent toujours plus
    vite et plus fortement les populations paupérisées et marginalisées, à
    l’échelle du monde et au sein de chaque pays ou région. Cela inclut les
    femmes, les personnes LGBTQI+, les populations indigènes,…ainsi que les
    personnes non-blanches, en particulier noires. Les effets du racisme
    sont structurels et multiples et affectent la santé physique, la santé
    mentale, l’accès aux études, à un emploi, à un logement décent, et à un
    espace public non-menaçant. Tous ces facteurs renforcent très fortement
    la vulnérabilité des personnes racisées, qui souffrent avant d’autres de
    canicules, de pénuries alimentaires, de la sécheresse ou encore des traumatismes psychiques causés par ces catastrophes, qui sont renforcés par les traumatismes issus du racisme . Nous
    devons donc comprendre que lutter contre les effets destructeurs de 
    futures catastrophes écologiques passe dès maintenant par la lutte
    contre la marginalisation et l’exclusion de groupes sociaux entiers, y
    compris en Belgique
    .


    Enfin, il est aisé de constater que les mouvements écologistes sont
    très majoritairement composés de personnes blanches de classe moyenne et
    supérieure. On entend souvent que cette homogénéité sociale serait due
    au manque d’intérêt des personnes non-blanches, qui ne partageraient pas
    la même conscience écologique (par un argument issu du racisme
    culturel) ou parce qu’elles auraient d’autres sujets de préoccupation
    plus urgents (ce qui serait en fait déjà complètement légitime). Or, de
    récentes enquêtes menées aux États-Unis montrent que les personnes non-blanches se déclarent en général plus préoccupées par les questions environnementales
    que les personnes blanches. En réalité, avoir des difficultés à obtenir
    un emploi ou un logement décent n’empêche pas de se soucier de la
    qualité de l’air qu’on respire, ces questions peuvent au contraire se
    renforcer. Si des personnes intéressées par les questions
    écologistes ne se retrouvent pas dans nos mouvements, cela signifie que
    s’y perpétuent des mécanismes d’exclusion et le fait de ne pas vouloir
    aborder plus clairement les questions de racisme y contribue sans doute
    .
    Ce faisant, nos mouvements se coupent d’une partie entière de la
    population et de ses revendications, maintenant de fait une division
    bien plus profonde que celle qui serait causée par une discussion
    inconfortable sur le racisme dans un mouvement majoritairement blanc.

    « Ne pas être raciste ne suffit pas, il faut être antiraciste »


    Reste maintenant à savoir comment les mouvements écologistes peuvent
    se rendre activement solidaires de la lutte antiraciste et comment le
    faire de manière juste, notamment sans reproduire eux-mêmes de
    dominations qu’ils cherchent à combattre.


    Précisons d’abord de ce dont on parle quand on parle de racisme. La
    plupart des personnes le définissent comme l’expression explicite de
    haine, de rejet ou de supériorité envers une personne du fait de sa
    couleur de peau ou de son origine et c’est souvent la notion qui nous a
    été enseignée, à l’école par exemple. Dans cette optique, la solution
    privilégiée pour lutter contre le racisme est avant tout d’affirmer
    l’égalité de toutes les personnes et de rappeler qu’il n’existe pas de
    races biologiques et donc qu’il n’y a aucune justification à nous
    traiter différemment selon notre origine ou notre couleur de peau. Cette conception universaliste de l’antiracisme
    juge nécessaire d’effacer la notion de race pour mieux la combattre et
    il est d’ailleurs courant de rencontrer des militant.e.s
    « progressistes » qui refusent d’être assigné.e.s à une appartenance
    raciale (blanche le plus souvent)
    , qui proclament « ne pas voir les couleurs » ou être des citoyen.ne.s du monde.


    Néanmoins, cette conception est de plus en plus jugée insatisfaisante par les personnes subissant le racisme, car en
    proclamant l’égalité (comme un but déjà atteint) et en effaçant la
    notion de race, elle en vient à empêcher de nommer le racisme et
    favorise le déni des dominations toujours existantes. Elle ne permet pas
    non plus d’analyser les questions de racisme sous un angle systémique
    ,
    c’est-à-dire en prenant en compte le fait que le racisme ne se limite
    pas à des actes de haine ou d’agression individuelles, mais inclut aussi
    des formes collectives, culturelles, institutionnelles ou légales de
    racisme, qui existent toujours malgré le fait que le racisme soit
    officiellement condamné par la loi. Par exemple, la faible présence de
    personnes noires dans les médias, le taux d’emploi plus faible à diplôme
    égal ou le taux plus élevé de personnes noires tuées par la police sont
    des manifestations du racisme systémique. Ces formes de racisme sont
    souvent bien plus complexes à identifier et à combattre, d’autant plus
    qu’elles peuvent se perpétuer malgré nos bonnes volontés individuelles.


    C’est pourquoi il est nécessaire de renouveler notre conception du
    racisme et de l’antiracisme, pour y inclure la conscience que des
    siècles de racisme institutionnalisé ne peuvent être effacés d’une
    seule loi : nous évoluons toujours dans une société raciste, qui
    organise une hiérarchie entre les personnes, selon leurs traits
    physiques (ainsi que leur nom ou d’autres caractéristiques
    reconnaissables) et qui accorde aux personnes perçues comme blanches le
    statut de norme supérieure, au contraire des personnes perçues comme
    non-blanches.
    Cette hiérarchie s’exerce aussi entre les
    personnes non-blanches et place, partout dans le monde, les personnes
    noires au plus bas de l’échelle. Si seule une petite minorité de la
    population croit encore aujourd’hui au concept de race biologique, nous
    devons reconnaitre que la « race sociale » est une réalité sociologique
    qui détermine notre société, à travers ses références culturelles, ses
    normes de beauté, son organisation économique, son système d’éducation
    ou encore son humour.


    On comprend alors que, comme le rappelle puissamment Angela Davis,
    « dans une société raciste, il ne suffit pas d’être non-raciste, nous
    devons être antiraciste ». Ceci nécessite un travail actif de
    déconstruction de mécanismes sociaux, culturels, institutionnels et de
    schémas inconscients en nous. Dans cette optique, rester
    silencieux.se.s face aux dominations raciales qui existent dans la
    société nous rend de facto complices de ces dominations
    puisque
    personne ne peut être neutre ou hors du jeu dans une société raciste : 
    c’est un système qui conditionne l’ensemble de la société et qui nous
    assigne tou.te.s à des places, dominantes ou dominées
    .


    Prétendre s’extraire seul.e de ce système n’est qu’une illusion
    réservée aux personnes qui ne subissent pas le racisme et le chemin
    commence par le fait de reconnaître que, en tant que membres du groupe dominant, nous portons tou.te.s en nous du racisme, puisqu’il est impossible d’évoluer dans une société en étant imperméables à ses normes
    Il s’agit donc d’un chantier qui concerne l’ensemble de la société et
    appelle toutes ses composantes à prendre leurs responsabilités, même
    quand nous estimons déjà « ne pas contribuer au racisme ». Voici
    quelques pistes de réflexion qui peuvent guider nos mouvements dans
    cette tâche :

    • Agir dans nos propres mouvements et balayer devant notre propre porte, avant de nous féliciter de notre antiracisme à l’extérieur. Comme déjà écrit, un travail important doit être fait pour identifier et combattre les freins multiples empêchant des personnes noires (et non-blanches en général) de se sentir légitimes, comprises et à l’aise dans les mouvements écologistes. Ceci passe par une réflexion sur nos pratiques, mais aussi sur nos discours qui abordent très souvent les questions écologiques depuis le regard des personnes blanches uniquement. Cela passe aussi par le fait d’être conscient.e.s de l’histoire coloniale et raciste des premiers mouvements environnementaux, pour mieux comprendre en quoi aujourd’hui nous pouvons encore développer une vision coloniale de l’écologie, et par la lutte contre les mouvements réactionnaires et racistes se revendiquant de l’écologie. Le privilège blanc se marque entre autre par le fait que des personnes blanches qui parlent de racisme seront plus facilement écoutées par d’autres personnes blanches, ce qui contribue à invisibiliser la voix des personnes concernées par leur propre lutte. Tout en donnant la parole tant que possible à des personnes racisées dans nos mouvements pour lutter contre cette invisibilisation (et pas que pour parler de racisme), nous avons aussi la responsabilité de soulever ces questions dans les espaces où il n’y a que des personnes blanches.
    • Nous solidariser de mouvements antiracistes en cherchant une juste place. Beaucoup de mouvements existants en Belgique menés par des personnes concernées, tels que les mouvements pour les droits des sans-papiers (privés de droits humains fondamentaux du fait d’une politique migratoire raciste, faut-il le rappeler), les mouvements de lutte contre les répressions policières, des mouvements visant à mieux faire connaître la mémoire coloniale ou à former au militantisme décolonial peuvent avoir besoin de soutien, d’autant plus qu’ils sont en général très mal financés (il est très difficile en Belgique pour une organisation en majorité non-blanche d’obtenir des financements publics), ont un plus faible accès aux médias et font face à des réactions racistes plus violentes lors de leurs actions. Néanmoins, nous devons faire attention à nos réflexes paternalistes ou de « sauveur blanc » et penser à des formes de solidarité qui ne soient pas faites pour nous mettre en avant et voler ainsi la lutte aux personnes premièrement concernées. Cela signifie entre autres de vérifier qu’en cas d’actions de solidarité, ou d’alliances entre plusieurs organisations, les personnes non-blanches disposent bien du leadership et de la capacité de décision stratégique, étant celles qui seront touchées par les potentiels bénéfices de l’action ou en payer le coût s’il y a un retour de bâton. Dans un récent post sur les réseaux sociaux, Aïda Yancy, militante noire antiraciste, queer et féministe, dénonçait le danger de l’alliance performative en expliquant que les premiers appels à manifester au nom de Black Lives Matter en Belgique ont été lancés par des personnes non-noires, éblouies par la visibilité soudaine de cette cause mais qui, en agissant sans concertation avec les personnes concernées, invisibilisent les organisations noires impliquées depuis de nombreuses années sur ces questions et ne mesurent pas le risque que représente pour les personnes noires une telle manifestation non autorisée en période de confinement.
    • Questionner nos notions souvent simplistes de violence et de non-violence. La question de la non-violence est assez centrale au sein de beaucoup de mouvements écologistes, de même qu’au sein de beaucoup de mouvements antiracistes. Toutefois l’idée de non-violence peut exprimer des choses très différentes d’une personne à l’autre, d’un mouvement à l’autre et on a pu voir ces derniers mois des mouvements écologistes être critiques envers les stratégies utilisées par d’autres mouvements sociaux, tels que les gilets jaunes ou ici lors des manifestations aux États-Unis. Comme le note Juliette Rousseau, la non-violence ne doit jamais s’envisager comme un impératif moral fixe et détaché des violences systémiques que nous subissons ou dont nous profitons, selon qu’on fait partie d’un groupe dominé ou dominant. Ainsi, juger de la violence de mettre le feu à du mobilier urbain, sans vouloir regarder la violence quotidienne infligée à des personnes pauvres ou racisées, nous cantonne à une vision de la non-violence au service de l’ordre social en place, comme nous le rappelle aussi Starhawk. Cette position est d’autant plus violente, quand nous le faisons au nom de leaders de luttes antiracistes ou anticoloniales, tels que Rosa Parks ou Martin Luther King, en ne retenant qu’une lecture simpliste de leurs propos et en oubliant qu’iels étaient actif.ve.s dans des mouvements plus larges, qui développaient différentes stratégies de lutte. Le discours théorique binaire sur violence et non-violence doit donc laisser la place à des discussions ouvertes sur les différentes stratégies, leurs risques et opportunités, en gardant toujours à la conscience que la répression policière et judiciaire sera toujours plus dure envers les personnes racisées, ce qui nécessite de leur donner une voix prépondérante dans ces discussions.
    • Questionner la police, dans son fonctionnement, mais aussi dans son rôle. Comme le révèle l’assassinat de Georges Floyd et bien d’autres avant lui et après lui, les violences policières sont au cœur de la problématique du racisme. Les violences policières ne peuvent être résumées à des actes individuels de dérapages commis par quelques « pommes pourries » comme on l’entend trop souvent. Si ces violences n’étaient le fait que de quelques individus isolés, elles auraient été condamnées et stoppées depuis longtemps et ces actes ne peuvent être commis à répétition que parce qu’il y a une impunité et un silence de la part des collègues, de la hiérarchie et de la société. Nous devons donc interpeller l’institution policière dans son ensemble, ainsi que les autorités politiques qui la dirigent, pour entamer un travail de déconstruction du racisme au sein de la police (qui s’exerce d’ailleurs aussi envers les personnes racisées y travaillant). Néanmoins, cette réflexion sera toujours insuffisante si nous n’y incluons pas également une réflexion plus fondamentale sur les rôles et outils de la police. Comme le démontrent magistralement Assa Traoré et Angela Davis, la police est fondamentalement construite comme une organe répressif au service d’un système de justice carcéral, qui reproduira toujours des dominations d’ordre raciales ou sociales. Angela Davis estime que « ce dont il s’agit, c’est de penser l’abolition de la police en tant que mode de sécurité », ce qui nous oblige à penser des modes de sécurité non militarisés qui nous protègent réellement tou.te.s, dans une perspective antiraciste, mais aussi féministe et anticapitaliste.
    • Explorer les croisements féconds entre analyses antiracistes, décoloniales et écologistes. Reconnaître la profonde imbrication de ces questions permet d’ouvrir à des champ fertile d’analyses et à de nouvelles perspectives de lutte. C’est ce que fait le mouvement de justice environnementale, créé à la fin des années 80 aux États-Unis, qui met à jour un racisme environnemental en montrant que les communautés non-blanches sont plus exposées à des environnements pollués ou toxiques et voient leurs revendications à un environnement sain moins entendues que les communautés blanches. Malcolm Ferdinand quant à lui propose de penser de manière commune les luttes écologistes et les luttes décoloniales, pour penser la « double fracture » environnementale et coloniale. Il nous invite à envisager des manières de « faire-monde » entre « celles et ceux qui, humains ou non-humains, trouveront des formes de vie et d’action qui rassemblent, contre toute éthique coloniale ou esclavagiste ». Ces analyses sont encore trop peu connues et diffusées dans l’espace francophone et il est nécessaire de soutenir plus de recherches dans ce domaine, en étant à nouveau attentif.ve.s à ce qu’elles ne soient pas menées que par des personnes blanches.


    Ce ne sont ici que des premières pistes d’action, qui impliquent
    pourtant déjà beaucoup de travail et de questionnements. Tant d’autres
    choses méritent d’être écrites et nos mouvements majoritairement blancs
    ont un énorme déficit de connaissance et de pratique en ce qui concerne
    les questions antiracistes ainsi que sur les croisements entre écologie
    et questions raciales, ce qui doit nous encourager à continuer à nous
    documenter et nous questionner, surtout quand nous ne subissons pas
    directement le racisme. N’oublions pas à ce sujet qu’avoir le choix de
    nous éduquer sur les questions de racisme est en réalité un privilège,
    face à toutes les personnes qui n’ont pas eu le choix de l’apprendre à
    travers leurs corps et les violences physiques et mentales subies depuis
    leur naissance. Faisons-en donc bon usage.


    Ecrit par Julien Didier


    Merci à Bénédicte Allaert, Betel Mabille et Marc Decitre pour leur relecture attentive et leurs remarques très pertinentes.

    Pour continuer la réflexion :


    Crédit Image : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Black_Lives_Matter_Protest.jpg ( [Creative Commons->https://en.wikipedia.org/wiki/en:Creative_Commons] [Attribution-Share Alike 2.0 Generic->https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.en] )


     


  • Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de Oum Keltoum, ex-habitante des logements sociaux des « blocs jaunes » du quartier du Bempt à Forest et participante aux ateliers cuisine organisés dans le cadre des activités de l’espace communal de l’Imprimerie dans le quartier Saint-Antoine. Elle vit aujourd’hui seule dans son appartement, près de Forest National, et elle aime recevoir la visite de ses enfants et petits- enfants avec qui elle parle souvent des ateliers cuisine.



    Cédric Hellemans (animateur chez Rencontre des Continents) : Comment as-tu connu les ateliers cuisine de l’Imprimerie ?
    Oum Keltoum : J’ai connu les ateliers avec Noémie (coordinatrice du Projet De Cohésion sociale du Bempt), il y a plus de deux ans. Trois ans, je crois...


    Cédric : Et qu’est-ce qui t’as plu dans ces ateliers cuisine ?
    Oum Keltoum : Tout, se faire des amis, apprendre des choses en cuisine... Et le principal, être ensemble. J’aime le côté convivial, familial. On est attaché les uns aux autres, on fait attention à l’autre. On a jamais eu de problème avec tous ces gens-là. C’est magnifique. J’aimerais que les enfants et les petits-enfants viennent avec moi. A chaque fois, je leur raconte tout ce qui s’est passé.


    Cédric : Et au niveau de l’alimentation, est-ce qu’il y a des choses que tu as apprises ?
    Oum Keltoum : J’ai appris les choses que tu fais, là, la cuisine végétarienne. Moi, je cuisine beaucoup. Toute ma vie, j’ai cuisiné. Avant, je travaillais en cuisine. Mais pas de la cuisine végétarienne. On cuisinait de la viande. Pour moi, c’était nouveau de cuisiner sans viande dans les ateliers.


    Cédric : Et est-ce que tu as aimé ça ?
    Oum Keltoum : Ah oui, j’ai aimé et je suis devenue végétarienne ! Un jour, je suis retourné à la maison et j’ai dit, c’est fini ! J’ai sorti toute la viande du congélateur pour la cuisiner et je n’en ai plus racheté. Quand mes enfants viennent à la maison, ils me demandent de la viande et je leur dit : « C’est fini, il n’y a plus de viande ! » Vous m’avez dégoûté de la viande que j’avais à la maison...


    Cédric : Pourquoi ?
    Oum Keltoum : Quand j’ai compris que les animaux souffraient, que certaines personnes mettent de l’eau dans la viande, qu’on ajoutait des produits pour changer la couleur... Comment les animaux sont traités dans l’industrie, tout ça... Ça ne va pas, on ne voit rien du tout, on ne sait pas comment ça se passe dans les industrie. Puis, il y a beaucoup de maladies qui peuvent venir de la viande. Et tous les antibiotiques qu’on donne aux bêtes et puis nous, on les mange et quand on est malades, le médicament ne marche plus. Et tout ça a travaillé sur moi et j’ai été dégoûtée.


    Cédric : Et tu en parles à la maison ?
    Oum Keltoum : Oui, j’en parle beaucoup avec ma petite-fille Oumaïma. Elle aussi est végétarienne. Depuis toute petite. Le jour de la fête du mouton, quand elle était toute petite, elle regardait son père et un ami. Ils avaient égorgé le mouton et le mouton s’est relevé. Depuis, elle a toujours refusé de manger de la viande. Alors, on parle de beaucoup de choses, elle me montre des vidéos sur le téléphone. On a beaucoup parlé des ateliers et je lui ai montré plusieurs recettes. La recette avec les pommes de terre, là. Elle l’a reprise et elle l’a faite pour quatre personnes. C’est bien, je lui donne les recettes...


    Cédric : Et comment tu t’en sors sans viande ? Tu manges quoi alors ?
    Oum Keltoum : Ça va bien, je mange le riz, les lentilles et tout ça. Pas de problème. J’essaye aussi de faire attention à manger bio, de saison, local... Je vais à la rue des tanneurs. J’ai aussi découvert un autre magasin bio ici, près de chez moi mais plus cher. Je préfère le marché des Tanneurs. Parce que je n’ai plus trop confiance dans les grands magasins. Il y a tellement de choses qu’on ne sait pas. Et puis tout est très compliqué. Avant, c’était plus facile. Ma maman, est faisait tout elle même, le pain, la farine, tout ça. On se soignait avec les plantes, le miel... des choses naturelles. On a oublié tout ça et maintenant, on prends tout le temps des médicaments, on est malades... C’est dommage, on ne sait plus faire ça.


    Cédric : Merci Oum Keltoum.


  •  


    Rencontre des Continents a été associé indirectement à Imagine pour réaliser son nouveau projet éditorial lancé début juin 2020. Le magazine a initié, depuis un an un grand processus créatif baptisé #Imagine2020 en huit étapes (workshops, questionnaire aux lecteurs, ateliers d’intelligence collective…). Un de nos permanents à contribué à une partie de ce long travail via sa participation au comité des "Pisteurs d’Imagine".


    Découvrir le processus #Imagine2020


    Une nouvelle cartographie comme trame du magazine



     


    Imagine propose à ses lecteurs de « redevenir terrestres » et de voyager, tous les deux mois, à travers sa nouvelle cartographie organisée en six territoires : Sur le volcan, Le sixième continent, Zones fertiles, Terra incognita, Les Confluents et Au large. A chacun d’entre eux correspond un univers thématique, journalistique et graphique.


     


    Découvrir la nouvelle cartographie


     


    Le nouveau numéro Un magasine (156 pages), deux couvertures


    On y parle de ré-ensauvagement de la nature, de migrants illégalement détenus, de boxe féministe, de voies ferrées sans pesticides, de mamans sans-papiers solidaires, de cyclo-bibliothèques, d’anticipation climatique, d’urbanisme tactique, de ménopause, de street art… et, bien sûr, de la crise planétaire avec une lecture Imagine des enjeux économiques, sociaux, écologiques et politiques.


    Découvrir le nouveau numéro


     


     


     



     


     


    Pleins d’autres infos à découvrir sur https://www.imagine-magazine.com/


  • La Formation Peuplier "Éducation & Diversité" : l’alimentation, un thème pour se mobiliser et agir" est reproposée à la rentrée prochaine...!


    Nous vous proposons un module de base de 3 jours et demie avec 2 journées complémentaires pour se former avec nous à l’alimentation comme outil de sensibilisation, de mobilisation et d’action, avec une posture inclusive prenant en compte la diversité sociale et culturelle des publics que nous rencontrons sur le terrain.


    Les inscriptions sont ouvertes jusque fin Août. Le lien pour montrer votre intérêt et être tenu.e au courant de la démarche à suivre pour s’inscrire se trouve : ici.


    Plus d’infos sur la page : ici.




  • Si l’écologie et la participation émergent dans la fabrique urbaine, la tendance de l’espace public à devenir marchand et sécuritaire ne faiblit pas. Certains ont décidé de s’emparer du problème : le mouvement Design For Everyone agit à Bruxelles pour des espaces publics accueillants et solidaires. Une façon de reprendre la main sur la fabrication des espaces, dans la lignée des luttes populaires.


    À l’instar d’autres capitales, Bruxelles est l’objet de grands chantiers de transformation de l’espace public. Avec d’autres acteurs du secteur socio-culturel, avec des artistes et des étudiants, Design for Everyone s’interroge sur la façon dont nos décideurs fabriquent nos lieux de vie et sur les usages qui y sont favorisés. Nous parcourons la ville avec un regard critique mais ouvert. De ces parcours sont nées des expositions et une carte de Bruxelles, toutes participatives. Elles dénoncent, de manière générale, la victoire de la conception de l’espace public comme un domaine marchand au détriment d’un espace culturel et de rencontres. Les aménagements urbains en cours et à venir sont décrits dans le Plan régional de développement durable de la Ville de Bruxelles, ils ont presque tous pour finalité de favoriser l’épanouissement social et la biodiversité. Dans ce contexte, nous dénonçons ce qui apparaît comme des anomalies au sein de l’espace public car entravant la justice sociale et environnementale que nous prônons.
    Nos objectifs sont d’informer et de bousculer le citoyen et les représentants politiques au sujet de l’occupation de l’espace public et d’inciter chacun à prendre conscience de l’influence qu’il exerce.


    la ville, comme d’autres, est victime du « tout pour la
    croissance », de l’hyper fonctionnalité , au mépris de ses habitants et
    de l’environnement


    La mondialisation et le tourisme de masse ont transformé nos villes en produit dont l’essence est d’être vendeur, clinquant, attirant. Dans son dernier rapport d’activités, l’outil de promotion du tourisme bruxellois, visit.brussels, se réjouit de la position de Bruxelles comme ville la plus cosmopolite d’Europe. Certes, mais il s’agit d’un cosmopolitisme à visage unique et stéréotypé, qui fait fi de la singularité propre à chaque culture. Un cosmopolitisme lisse et uniforme, d’une ville qui n’offre presque plus rien d’autre que les mêmes tours de bureaux, les mêmes enseignes marchandes qu’ailleurs et qui transforme ses attributs culturels propres en attractions touristiques.

    La transformation des villes, au mépris de ceux qui la composent


    La refonte des espaces publics, depuis des décennies, est pensée en fonction des besoins du marché et de la vitrine que la ville doit offrir. Bruxelles est tristement célèbre pour la « Bruxellisation » que certains ont défini comme l’art de détruire une ville en temps de paix1.
    Déjà, vers 1960, s’affiche le mépris pour les classes populaires, comme en témoigne symboliquement la construction de la Tour Blaton sur l’emplacement même de la Maison du Peuple d’Horta, et ce malgré un mouvement de contestation international. À grande vitesse, Bruxelles est remodelée, les buildings d’architecture internationale défigurent les quartiers, des zones industrielles se substituent aux espaces verts, des autoroutes à voies multiples apparaissent. Des milliers d’habitants de quartiers populaires sont déplacés, certains ad vitam car les promesses de reconstruction des logements n’atteignirent péniblement que 40%.


    si quelques quartiers à taille humaine […] ont survécus à la
    révolution architecturale, c’est grâce à la lutte des classes populaires


    La ville, comme d’autres, est victime du « tout pour la croissance », de l’hyper fonctionnalité, au mépris de ses habitants et de l’environnement. Les tissus social et urbain sont détruits, le maillage vert fragmenté. La classe moyenne va trouver la quiétude vers la périphérie. Les classes populaires, avec l’aide de pionniers des mouvements de réappropriation de l’espace public par et pour le citoyen, organisent la résistance. Il est important de souligner que si quelques quartiers à taille humaine, si prisés aujourd’hui, ont survécus à la révolution architecturale, c’est grâce à la lutte des classes
    populaires. De ces mouvements naissent également les commissions de consultation citoyenne, comme autant d’outils pour reprendre la Ville, reprendre du contrôle sur la fabrication de l’espace. Ils remporteront quelques victoires. Design For Everyone vient, avec d’autres, se superposer à ces mouvements plus anciens. Les changements actuels dans l’aménagement de l’espace public ont moins d’envergure, balafrent moins la ville mais ne sont pas moins discriminants et bien plus insidieux, comme l’est notamment le mobilier urbain moderne.


    l’architecture se doit d’être fonctionnelle et au service de tous les citoyens, sans forme d’exclusion

    Du mobilier urbain vecteur d’hostilité


    L’architecture est un art qui, par essence, se doit d’allier le fond à la forme. Son expression se doit d’être autant visuelle que usuelle.
    Depuis une dizaine d’années, des éléments du mobilier urbain se voient dépossédés du fond, de l’usage, laissant seulement la place pour la
    forme, agressive et hostile. L’assise ischiatique peut être perçue comme empreinte d’une certaine originalité mais elle ne permet en aucun cas à
    l’objet de satisfaire le besoin de repos d’une femme enceinte, d’une personne âgée, de tout citoyen, au fond. Imaginez un plancher incliné dans votre salon, aussi artistique et original qu’il puisse être, il peinera à remplir sa fonction. Dans la sphère privée comme dans l’espace public, l’architecture se doit d’être fonctionnelle et au service de tous les citoyens, sans forme d’exclusion. Car en plus d’être inconfortables, ces éléments excluent et limitent les possibilités
    d’usages. Les bancs Camden, les assis-debout, les assises ischiatiques, sont avant tout des objets qui empêchent l’utilisateur de s’y allonger.
    Le pas pour affirmer qu’il s’agit de mobilier anti-sdf est vite franchi.
    Les piques qui sortent du sol, les assises fractionnées, les grillages,
    les encadrements de fenêtres munis de herses sont autant d’éléments qui
    entravent les usages, éloignent les jeunes et les indésirables. En
    cela, ils sont des vecteurs d’hostilité.



    © Nadine Collart et Sophie Colette


    Il n’existe pas de neutralité dans l’espace urbain. Chacun de ses éléments s’y trouve pour une raison et aucun ne laisse indifférent.
    L’architecture urbaine exerce une influence psychologique sur chacun de nous. On se sent dominé à dessein par les hautes tours des quartiers
    financiers. On se sent revigoré au retour d’une balade au cœur d’un espace arboré. De la même manière, la vue d’éléments agressifs au cœur
    de nos espaces de déambulation nous pousse à croire qu’une menace existe. L’hostilité, le mépris et la peur entre des usagers d’âges ou de conditions sociales différentes s’en trouvent renforcés.



    © Nadine Collart et Sophie Colette


    Et pas plus qu’il n’est neutre, le paysage urbain n’est apolitique.
    Après le tsunami architectural que fut la Bruxellisation vient maintenant la vague sécuritaire qui semble, consciemment ou non, être le terreau de toute rénovation urbaine. Ce mobilier urbain, matérialisation des politiques sécuritaires au même titre que les caméras qui fleurissent partout, surtout dans les quartiers à forte population immigrée, ne règle en rien le problème de la précarisation et
    de la pauvreté. Pas plus que les 7000 caméras combinées présentes à l’aéroport international et dans les transports en commun bruxellois n’ont permis d’empêcher les attentats de 2016. Loin de privilégier le bien-être de l’ensemble des habitants, le vivre-ensemble et les politiques d’intégration, la tendance qui prévaut au sein des aménagements urbains nous semble autoritaire et libérale.



    © Nadine Collart et Sophie Colette

    L’espace public à la merci du secteur privé


    Libérale car ces aménagements, bien souvent, bénéficient au secteur privé mais procurent peu d’avantages au citoyen et au secteur public.
    Ils sont souvent le fruit de partenariats publics-privés (PPP). Les seconds bénéficient à la fois de subsides régionaux, d’un abaissement de la TVA à 6%, alors qu’elle est de 21% pour le secteur de la construction, ainsi que de structures (parcs, plaines de jeux, etc.) que la Ville finance aux abords des projets et qui bénéficieront donc également à la partie privée. À la fois promoteurs et entrepreneurs, les entreprises privées ont tout à gagner mais rares sont les investissements du secteur en matière de projets durables ou favorisant l’intégration. Le secteur public trouve dans les PPP des liquidités mais
    se voit soumis aux diktats de technocrates complètement étrangers aux besoins des quartiers concernés. En 2018, un rapport de la Cour des
    Comptes européenne dénonçait les lacunes et dérives des PPP, dont le surcoût avéré pour les États pèse sur ses finances et coûte à la collectivité (augmentation des taxes, des loyers)2.
    Les nombreuses recherches au sujet de la gentrification ne suggèrent pas non plus que les classes populaires en bénéficient, au contraire. La
    gentrification est bien souvent soudaine, mène à une refonte totale du tissu urbain et relègue les plus précaires en périphérie.


    l’espace de plus en plus important pris par le secteur privé au sein de l’espace public mène à des conflits d’usages


    Les récents aménagements bruxellois ont également donné naissance à de vastes places, d’une vacuité saisissante. Vide de tout mobilier, ce nouveau paysage urbain est signe d’épure, pourtant il étouffe. Le vide restreint l’envie d’y prendre place. Que fait le citoyen face à une place vide ? Il passe son chemin. Les commerçants, eux, y voient place nette pour s’installer. L’espace de plus en plus important pris par le secteur privé au sein de l’espace public mène à des conflits d’usages.
    Par exemple, les terrasses d’établissements privés, en des endroits de plus en plus nombreux, entravent le passage des riverains. Les employés perçoivent quant à eux la voie publique comme leur lieu de travail, s’opposant à l’usager qui se trouve « dans leur chemin ».

    L’avènement du citoyen-consommateur


    On ne compte plus les quartiers bruxellois où le détournement de l’espace public à des fins fonctionnalistes et marchandes suscitent la
    colère, l’indignation ou le sentiment de rejet. Le quartier St-Géry a vu se constituer un comité de citoyens en réponse au réaménagement de la
    place au détriment de la sécurité, l’étroitesse des rues et la profusion de terrasses ne permettant pas à un camion de pompier de passer.
    Flagey, jadis quartier populaire accueillant la communauté portugaise de Bruxelles, a vu ses loyers tripler suite à la gentrification. Bruxelles accueille les bâtiments de l’Union Européenne au sein du Quartier
    Léopold : le Fédéral, puis la Région ne se sont guère préoccupés de l’impact du quartier européen sur les habitants car outre la perte de logements, les bruxellois se sentent exclus par son ambiance
    impersonnelle et l’usage généralisé de la langue anglaise jusque dans les lieux de sortie. Les transports publics y sont détournés chaque
    semaine, en heure de pointe, au profit des terrasses faisant face au Parlement Européen.


    En 2016, des recherches internationales montraient que la piétonisation favorise en général une occupation quasi exclusive de la voirie par certaines activités commerciales privatisant l’espace public
    au détriment des activités socioculturelles et de flânerie3.
    Le piétonnier bruxellois est la nouvelle façade clinquante du développement urbain local. Des espaces verts y ont été développés mais sans aucun maillage, ils assurent un certain décor mais ne remplissent pas leur fonction environnementale. Ce piétonnier, qui s’articule exclusivement autour d’artères et de rues à fort potentiel commercial,
    offre peu d’espace pour souffler. Le défi principal est justement de garder l’équilibre, de savoir comment et avec quelles politiques peut-on améliorer et pérenniser les pratiques sociales souhaitables et leur
    diversité dans ce nouvel espace. Notre sentiment est que le citoyen y est réduit à une pure fonction de consommateur. Comme l’explique [Mickaël Labbé->http://www.revuesurmesure.fr/authors/mickael-labbe],
    philosophe et spécialiste d’architecture : « Les villes réduisent celui qui les fréquente à l’état de portefeuille bien rempli ou à un ensemble de comportements suspects indésirables ». En tant que citoyen on se retrouve malgré nous dans l’une ou l’autre de ces catégories. Les jeunes, les SDF, les personnes d’origine étrangère, les migrants,
    occupent bien souvent la deuxième position dans l’imaginaire collectif et la structure de la ville contribue à ces clichés.



    © Nadine Collart et Sophie Colette
    Design for Everyone utilise des matériaux recyclés pour couvrir la caractéristique excluante d’éléments du mobilier urbain, tout en la laissant visible


    Les aménagements précités et ceux à venir nécessitent une réponse citoyenne politisée, organisée et qui montre aux décideurs un désir manifeste de justice sociale. C’est dans cette optique que Design for Everyone poursuit ses actions culturelles et de désobéissance civile.
    Avec nos outils informatifs et nos interventions dans l’espace public nous continuerons d’attirer l’attention sur le besoin de réarticuler les notions sociales, environnementales, d’esthétique, de politique et de
    culture qui se doivent de cohabiter harmonieusement pour créer un environnement public sain et solidaire.



    © Nadine Collart et Sophie Colette
    Action “Chasser les sans-abris ou leur donner un toit ?





    Brussels’ prout map


    Notes


    1. Atelier de recherche et d’action urbaines –ARAU (2007) Vouloir et dire la ville, Bruxelles. [https://arau.org/fr/urban/detail/7/vouloir-et-dire-la-ville->https://arau.org/fr/urban/detail/7/vouloir-et-dire-la-ville


    2. [https://www.eca.europa.eu/fr/Pages/DocItem.aspx?did=45153->https://www.eca.europa.eu/fr/Pages/DocItem.aspx?did=45153


    3. Boussauw, K. (2016) Lokale economische aspecten van voetgangersgebieden : een beknopt literatuuroverzicht, Bruxelles. 


     


  • Chez RdC, nous avons à coeur de rester à l’écoute du monde.. Nous ne pouvons ignorer que cette période particulière que nous traversons aura notamment agit comme un révélateur, en mettant un coup de projecteur sur une série d’inégalités (déjà présentes auparavant) que la situation a contribué à creuser encore plus...


    De "crise sanitaire" à "crise sociale" voire à "crise de société"... Qu’est-ce qu’on fait ?


    « Écrit en chinois, le mot « crise » se compose de deux caractères : l’un représente le danger et l’autre l’occasion à saisir. »



    Des voix s’élèvent... appliquant ce principe si cher à Rencontre des Continents "dénoncer pour énoncer", et appellent à se saisir de cette opportunité qui nous est offerte pour demander que des mesures soient prises pour, a minima, éviter le retour à l’"anormal"... et au-delà, pour construire de nouvelles bases à notre "contrat social".


    Nous vous proposons donc quelques articles et cartes blanches qui nous ont inspirées car la crise et ses opportunités sont abordées à parttir de différents points de vue. Les 5 premiers textes nous laissent entendre les réflexions de différents secteurs. L’avant-dernier nous propose de chausser nos lunettes de genre pour regarder la traversée de la crise. Tandis que le dernier invite à repenser cette partie de nos vies qu’est la travail, pour relever les nombreux défis de notre époque.


    Bref.. de la matière pour, nous l’espérons, nourrir vos réflexions... Bonne lecture.


    puzzlesite "Pour une stratégie de déconfinement qui prenne au sérieux toutes les populations !"


    Par près de 300 organisations des secteurs social et socioculturel au sens large, soutenus par des acteurs du monde académique.


    Lire l’article


    « Des mesures sociales, maintenant et pour demain ! »


    Le Soir - 03/06/2020. Par les principales fédérations de services d’aide et de soins ambulatoires.


    Lire la carte blanche

    « La solidarité comme moteur de société »


    Le Soir - 09/06/2020. Par des collectifs de citoyens, des plateformes, des groupes facebook, des voisin.e.s.


    Lire la carte blanche

    « Celles et ceux qui ont traversé la tempête ensemble sont attendus sur la même terre ferme »


    Le Soir - 13/05/2020. Par les actrices et Acteurs des temps présents.


    Lire la carte blanche

    « La clé d’un renouveau collectif et solidaire existe déjà" »


    Le Soir - 27/05/2020. Par un collectif de fédérations, chercheurs, académiques et entreprises en lien avec l’économie sociale.


    Lire la carte blanche

    « La crise nous permet de voir où sont les invisibles, ces personnes que la société met en état d’invisibilité »


    Etopia - 24/06/2020. Nathalie Grandjean nous propose de regarder la traversée de cette crise avec des lunettes "genre". Lire l’article

    Travail : Démocratiser. Démarchandiser. Dépolluer


    Le Vif - 16/05/2020


    A l’initiative de trois professeurs : Isabelle Ferreras (FNRS-UCLouvain-Harvard LWP), Julie Battilana (Harvard University) et Dominique Méda (Paris Dauphine-PSL) et avec le soutien de plus de trois mille professeurs et chercheurs de par le monde.


    Lire la carte blanche


  • Nous partons à la rencontre de Virgil, ixellois et participant à nos ateliers autour de l’alimentation durable, deux par mois, au CPAS d’Ixelles. Les ateliers cuisine étant stoppés pour cause du Covid-19, nous voulions profiter de cette pause pour réaliser des retours d’expériences et portraits des personnes que nous accompagnons durant toute l’année. Virgil en fait partie.



    Margot (animatrice-formatrice à Rencontre des Continents) : comment tu vas ?


    Virgil : Je vais bien, je reprends petit à petit une activité suite au confinement.


    M : Comment c’est passé ce confinement ?


    V : Ça c’est bien passé parce que j’ai eu la chance de pouvoir être à la campagne. Au début, c’était assez bouleversant de se retrouver sans activités du jour au lendemain. Tout a commencé à se fermer (Actiris, CPAS...) et j’ai pas internet à la maison, je vais à la bibliothèque et ça aussi ça c’est fermé.


    M : Pour te présenter, que voudrais tu nous dire de toi ?


    V : Je suis Virgil. Je viens de Roumanie et je suis arrivé il y a 10 ans pile. J’ai beaucoup de cousins ici. Je viens de la région Modalvie, partie Est de Roumanie. C’est une région où le niveau de vie est assez bas. Depuis 20 ans, les gens partent en masse. Par contre, c’est une région très riche culturellement. Nous avons beaucoup de grands poètes et artistes qui viennent de cette région. Il y a aussi beaucoup d’agriculture. Au début, c’était une agriculture familiale mais le communisme l’a complétement changé. Selon moi, le communisme a voulu mettre du collectif mais l’application n’a pas été bien faite. 


    M : Et peux tu nous expliquer comment tu t’es retrouvé à participer aux ateliers que l’on propose, deux fois par mois, au CPAS d’Ixelles ?


    V : En passant par le CPAS, j’ai vu l’annonce des ateliers. Je suis passionné par la cuisine mais pas bon cuisinier (enfin en barbecue si). J’étais donc intéressé par vos ateliers et je me suis inscrit. J’ai commencé avec toi puis après je suis allé aussi dans les ateliers de Cédric.


    M : Qu’est-ce que ses ateliers t’apportent ou t’ont apporté ?


    V : Avant de commencer les ateliers, j’étais déjà dans un chemin pour limiter le gaspillage. En Roumanie, nous n’avons pas beaucoup donc on ne jette pas. Je faisais déjà attention aux proportions par exemple et j’allais au potager collectif à Ixelles, rue volta.


    M : Comment tu as pris connaissance du potager collectif ?


    V : En allant au terrain de foot, j’ai vu le jardin et le bac à compost. Je mettais mes déchets et quelqu’un est venu à ma rencontre. Après je suis revenu quelque fois.. ;comme j’étais seul, je n’ai pas voulu prendre une petite passerelle. Mon a frère a un jardin chez lui et je vais chercher des salades ou des choux fleurs. Si on peut, ce serait bien d’y aller au potager collectif avec le groupe du CPAS d’Ixelles.


    M : Et concrètement, tu as remarqué des changements depuis ta participation aux ateliers ?


    V : Je mangeais un peu de tout, de la viande, comme je suis sportif...Aujourd’hui, j’ai beaucoup diminué la viande car j’ai vu dans les ateliers que vous proposez qu’il y a beaucoup d’ingrédients qu’on peut remplacer ! Je cuisine aussi un peu plus...Ça m’a beaucoup enrichi de découvrir les cuisines des différents continents...


    M : Oui, la dimension collective est importante dans ce qu’on propose...qu’en penses tu ?


    V : C’est très intéressant de rencontrer d’autres cultures. À la maison, je suis seul...donc ça me permet d’être en contact. J’ai bien faire parti d’un collectif avec différents horizons et je trouve qu’ensemble on a bien géré les différences...On a pas eu de problème de communication...Il y a presque tous les continents : Afrique, Asie, Amérique Latine, Europe...


    M : Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’a particulièrement marqué durant ses ateliers ?


    V : Oui le film sur la viande que tu nous a montré. J’ai diminué mais mes parents continuaient à avoir des animaux ; une vache pour le lait, des porcs...Il y a deux ans, ils ont arrếté les porcs car ce n’était pas soutenable. Ça n’était pas du tout rentable et ils ne mangent pas beaucoup de viande au final. Aujourd’hui, ils n’ont plus aucun animal. Il mangent de la viande qu’aux occasions spéciales comme du mouton à la Pâques ou en hiver (du porc). Ils mangent surtout sinon des légumes, légumineuses et des pommes de terre.


    M : Quelles sont les habitudes alimentaires de là où tu viens ?


    V : J’ai vécu dans 2 régions différentes : une en montagnes où l’agriculture de masse était celle de la pomme de terre et du blé. Aujourd’hui c’est plus diversifié. La pomme de terre est le légume du pauvre et on le conserve toute l’année. Ensuite, je uis parti à la campagne...changement de paysages...plus de colines, de cultures...c’est surtout une agriculture mais pour les animaux...


    M : Quels sont les plats typiques de Roumanie ?


    V : On mange beaucoup d’haricots verts et jaunes et de lentilles. En été, on mange des soupes. Il y a 6/7 types d’haricots. Un plat typique en hiver c’est le Fasole Batuta. Et en été, c’est une soupe d’haricots ou des haricots verts aux piments.


     


    M : Et depuis les ateliers, ta vision du monde a évolué ou pas ?


    V ; J’étais déjà en train de changer. Je disais déjà d’arrêter les animaux à mes parents et de vous rencontrer, ça a acceléré le processus. La viande fait beaucoup de dégâts et c’est pas soutenable !


    M : Qu’est-ce que tu aimes dans ce qu’on propose et qu’il faut garder ?


    V : C’est diversifié...et comme je suis sportif, j’aime bien ! J’ai votre manière de parler aussi et votre professionnalisme tout ça dans une ambiance amicale. Vous présentez bien oralement vos idées.


    M : Tu t’es engagé dans le projet REAL [voir article], où en est il ?


    V : On avait bien commencé et puis le Covid-19 est arrivé. Avec Cindy (une autre participante), on était allés présenter le projet à Bruxelles Environnement car notre projet a été accepté. J’ai entendu d’autres projets et je trouve que le nôtre fait partie des meilleurs. Puis le confinement est arrivé...on a essayé de garder le lien avec le groupe mais ce n’était pas facile.


    M : Pour terminer, aurais tu un conseil à donner aux plus jeunes ?


    V : En vivant en ville, je conseille de garder le lien avec la nature et les choses ancestrales. Aussi, de bien gérer les nouvelles technologies et de ne pas en abuser...de faire attention aux mouvements de masse, aux excès de boissons...de rester plus tranquille et calme...c’est important de bien dormir aussi...le sommeil c’est très important !


    Et si vous avez un lien avec les ancêtres, vos parents, vos grands-parents...gardez ce lien ! Je pense qu’on apprend des choses des un.e.s des autres. Par exemple, mes parents m’ont appris pleins de choses mais je pense aussi leur avoir appris des choses. C’est dans les deux sens...


    M : Merci beaucoup Virgil pour tes retours et ton engagement. Bonne continuation au projet REAL !


     


  • LE Deconfinement...Nous y voilà !


    Et l’agroécologie paysanne, la résilience et la souveraineté alimentaire dans tout ça ? Un été sans Petite Foire Paysanne ? Nous l’avons envisagé...mais nous préférons vous proposer : Un été et 100 Petites Foires en Wallonie et Bruxelles !



    Le Mouvement d’Action Paysanne (MAP) et Agroecology in Action (AIA) lancent un appel à organiser l’une de ces 100 p’tites Petites Foires dans votre ferme, votre marché paysan et/ou de producteur.ice.s, votre coopérative, comptoir-paysan, groupe d’achat, lieu de vente en circuits-courts, lieu de vie et de militance,...



    Une part importante de la société civile est claire ;
    Nous ne voulons pas de retour à l’anormal !


    https://www.facebook.com/events/197645891449591/


    En pleine période de déconfinement lié à la crise sanitaire, et dans les suites de la Journée internationale des Luttes Paysannes du 17 avril dernier, nous ré-affirmons notre volonté collective d’accélérer la relocalisation urgente des systèmes alimentaires, maintenant et en solidarité avec les paysan.nes et populations du monde entier. Partout dans nos territoires les initiatives se multiplient et ça bouge dans tous les sens pour pousser cette volonté commune de relocaliser nos systèmes alimentaires et renforcer un mouvement plus large et global qui ne cesse de prendre de l’ampleur !


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    Manifestez-vous !
     
    Plus que jamais notre solidarité et nos liens dans notre diversité sont notre force
    • Répondez à cet appel et démontrez plus que jamais que l’agroécologie paysanne que vous pratiquez peut nourrir la planète sans la dégrader et en respectant producteur.rice.s et mangeur.euse.s !
    • Participez à cette édition délocalisée/relocalisée entre le 24 juillet et le 31 octobre enorganisant une p’tite Petite Foire chez vous !
    • Nous réfléchirons ensemble à la relocalisation paysanne de notre alimentation par le biais d’un kit rempli d’outils et de propositions d’animations (dans le respect des règles sanitaires et légales).
    • Nous demandons de respecter les règles sanitaires officielles (voir en deuxième page) liées au déconfinement et invitons les participant.es à y être particulièrement vigilant.es.


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     Pourquoi avoir maintenu l’édition 2020 ? 


    L’édition habituelle n’aura donc pas lieu mais dans le contexte sanitaire actuel, ne rien faire serait laisser une place importante aux acteurs qui dominent les systèmes alimentaires, alors qu’une part de plus en plus importante de la population de nos territoires se tourne vers les circuits-courts et souhaite une alimentation qui respecte leur santé etl’environnement...hors du contrôle des multinationales. Nous souhaitons ne laisser personne en dehors des alternatives qui se construisent au quotidien en ville comme à la campagne. Nous sommes solidaires du secteur de l’aide alimentaire en cette période et nous pensons qu’une des priorités du mouvement pour la souveraineté alimentaire est de permettre à chacun.e dans les villes, les campagnes, les villages et les quartiers populaires d’avoir accès à de la nourriture de qualité. Nous proposons donc cette année une nouvelle version permettant de rendre ensemble encore plus visible les nombreuses initiatives qui construisent les systèmes alimentaires alternatifs dont nous avons besoin.

     En Pratique ? 

    • Qui est concerné.e par cet appel ?
      un.e paysan.ne, une ferme paysanne, un collectif de mangeurs.euses, de potagistes, un magasin de producteurs, une coopérative, un groupement d’achat, un.e citoyen.ne engagé.e, une association ou un collectif de militance pour l’agroécologie paysanne, ...
    • Sur le modèle de l’édition habituelle, nous vous proposons d’organiser une « p’tite Petite Foire » sur le lieu de votre choix en suivant et respectant les recommandations contenues dans la charte 2020 afin de rester dans l’éthique et la cohérence des objectifs de cette édition.
    • Il ne faut pas forcément « organiser une nouvelle activité » ! Vous pouvez par exemple relier votre marché habituel à notre appel et les thématiques possibles !
      => Un Kit de support est en cours de construction dans lequel retrouver des ressources pour aller plus loin en lien avec les thématiques de cette édition.


     Vous voulez participer ? Voilà ce qu’il faut faire : 

    • Discuter avec vos proches, collègues, ami.e.s de l’idée et voir si ça vous motive !
    • Vite fait, compléter le sondage suivant pour marquer à chaud votre intérêt et le nom de votre initiative ! Ça nous permettra de nous faire une idée.
    • Compléter le formulaire d’inscription en ligne
    • L’organisation vous contactera pour valider et vous aider dans votre proposition !

     Agenda 

    • Le 1 er juillet : l’organisation validera et te répondra pour officialiser votre participation.
    • Du 2 au 17 juillet : échanges, accompagnement éventuel de l’organisation pour concrétiser


    Pour en savoir plus sur les mesures légales et sanitaires liées à la crise sanitaire
    > Consultez le site du SPF dédié au Coronavirus : https://www.info-coronavirus.be/fr/


    Que vous soyez paysan.ne, coopérative, artisan.ne, éleveur.euse, ONG, ASBL, mangeur.euse.s, activistes ou militant.e.s, on attend de vos nouvelles avec impatience !


    ///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////


    La Petite Foire Paysanne est chapeautée par le Mouvement d’Action Paysanne et le mouvement Agroecology in Action, son organisation est coordonnée par un groupe de bénévoles, de paysans.nes et travailleurs.euses issues des organisations qui composent
    nos mouvements.


    /////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////


    Contacts et infos : Pour toute demande d’informations complémentaire ou contact direct :


    > https://lemap.be et https://lapetitefoire.lemap.be


    > http://www.agroecologyinaction.be


    Faisons campagnes communes, il est urgent de changer de modèle, de défendre et construire la souveraineté alimentaire ici et ailleurs !
    Rejoignez-nous !




     

juillet 2020 :

juin 2020 | août 2020

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